Jules, parisien
et pianiste de musique classique, passe un jour sous la fenêtre de son
ami Pierre et l'entend jouer la partie violon du morceau Le Trio
de Schubert. Il décide de finir ses courses avant de passer le voir, mais
à son retour, il trouve Pierre mort, une balle dans la tête, arme et violon
à ses côtés. Il appelle les flics, qui trouvent que la scène ressemble
fort à un suicide. Mais Jules, étant musicien, va plus tard comprendre
en se remémorant la scène, qu'il s'agissait d'un meurtre ; il avait laissé
ses doigts glisser sur les cordes du violon et se rappelle que celles-ci
étaient désaccordées, et un violon ne se désaccorde pas en une heure...
Ce ne pouvait donc pas être Pierre qui avait joué tout à l'heure, où du
moins pas sur ce violon-là, et il n'y avait pas d'autre violon dans l'appartement.
Sachant qu'il était le premier sur le lieu du crime et qu'il serait le
premier suspect, il va enquêter de son côté, tenter d'apprendre plus sur
son ami qui était en instant de divorce. Il va ainsi reprendre contact
avec les membres de la famille de Pierre, ses amis et collègues, tous
musiciens également. Il va s'immiscer dans un orchestre philharmonique,
remplacer un pianiste dans un orchestre de jazz, chercher des indices
dans la vie passée de Pierre, pour découvrir qu'il connaissait Pierre
si peu finalement...
Le policier, cinquante ans, a une belle voix de baryton, sans doute travaillée quotidiennement à la gitane-maïs (sans bout filtre). Il est petit, rond, avec un double menton, une moustache épaisse, et des yeux tombants de cocker. Touché ?? Évidemment, pour lui, la viande froide, c'est comme, qui dirait, son pain quotidien. Mais moi..., lorsque je suis entré, et que j'ai vu Pierre, mon ami, anormalement plongé dans la contemplation de son plafond, son violon sagement posé près de lui, un pistolet tombé à terre, entre ses jambes... J'essaie d'expliquer le topo à Gitane-Maïs, à voix basse. Pourquoi à voix basse, Jules ? Je ne sais pas, un réflexe inexplicable, la peur de réveiller Pierre. Ce n'est pourtant pas une grosse fatigue qui lui a fait ce vilain trou, à la base du cou. La police a conclu au suicide. Mais la police n'est pas musicienne. Par contre moi, qui suis musicien, je n'ai pas la moindre idée sur la façon de mener une enquête. Faire parler le violon du mort, c'est une chose ; mais confesser mes contemporains... Et pour cela m'immiscer dans un orchestre communiste, affronter à mains nues l'impro jazz armé d'un piano droit... Et tout du long, assister à la lente dégradation de mes certitudes concernant Pierre, mon ami. Comment trouver un coupable, quand on n'est plus sûr de savoir qui est la victime ? Emmanuelle Erny-Newton, 1968, est née sous le signe de la créativité. Passant de la teinture artisanale des T-shirts (avec cercles concentriques), au tissage de la laine (pour en faire des abat-jour), puis à l'interprétation au piano de morceaux classiques et à la création effrénée de poèmes en tout genre, elle se convertit à la création d'une troupe de théâtre qui ferait le tour du monde à la recherche de nouvelles formes d'expressions théâtrales. Elle y rencontre un Écossais, qu'elle épouse. Le couple décide d'aller vivre avec les Pygmées de Centrafrique. Mais la situation militaire, là-bas, est peu engageante... Elle part finalement en croisade contre l'échec scolaire, armée d'un diplôme de psychologie, et de l'envie de transmettre "le plaisir de la connaissance"., puis écrit, pour Nathan, un livre de grammaire rigolo, ce qui n'est pas antinomique. Elle récidive ici dans un tout autre genre, le polar... musical, entièrement écrit en clé de sol... Ce roman
s'adresse à tout public. |
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ODIN
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